Mon mémo de rando ... Départ - Depuis le parking, pénétrer dans le parc de la Forbine. Une signalisation typique indique que le parc national des calanques étend son empreinte jusque dans ces quartiers pourtant éloignés du littoral. Le parc de la Forbine, voisin du chateau Forbin, est sur le domaine du conseil général. Il a été intégré dans le parc national à sa création en 2012. Le chateau Forbin fût la demeure de la célèbre famille Forbin. On se souvient notamment de Palmède de Forbin qui oeuvrera pour faciliter l'intégration du comté de Provence au Royaume de France en 1481. Suivre le balisage jaune/rouge du GR2013 et le bleu, sur une large piste, en direction de l'OUEST (vers Marseille). 1- Après 10 minutes de marche, à la hauteur du pylône HT (Haute Tension) situé coté droit de la piste, monter sur le talus à gauche de la piste et emprunter une petite sente qui s'enfonce dans la végétation. Ici, il n'y a pas de balisage, c'est un itinéraire bis pour éviter de marcher sur les pistes et chemins que je trouve bien trop larges et peu agréables. Suivre ce petit sentier qui grimpe au milieu d'une végétation de garrigue jusqu'à un autre pylône HT, le passer et, en se dirigeant vers le Sud Ouest, regagner le sentier balisé en bleu. (compter 15 minutes depuis le 1er pylône HT). Prendre la direction du roc de la croix qui nous domine. Le sentier grimpe, se rétrécit, opère quelques virages avant que l'on n'accède à la crête (compter 10/15 minutes depuis le second pylône HT). 2- Faire un aller/retour à la croix de Saint-Marcel. Le Roc de la croix, anciennement appelé pic Sainte-Croix, procure une vue sympa vers l'EST, sur la vallée de l'Huveaune, la chaîne de l'étoile, le Garlaban et le Pic de Bertagne, point culminant des Bouches du Rhône avec ses 1042 m. d'altitude. Poursuivre la randonnée, toujours sur le balisage bleu, le parcours redescend sur un sentier en lacet passe un mur d'enceinte puis remonte, contourne, remonte de nouveau pour enfin atteindre le col Galvaudan (environ 25 minutes de marche depuis la croix). 3- Depuis le col Galvaudan, suivre la piste direction SUD EST sur 50 mètres. Au cairn situé en bordure de piste, obliquer à droite sur un sentier qui se sépare rapidement en deux directions : vers le SUD EST c'est pour rejoindre la source des eaux vives, aujourd'hui il faut prendre à droite vers l'OUEST pour gagner la ligne de crête orientée SUD OUEST qui va nous mèner à "la Vigie". 4- Cette ascension est un peu raide au départ, puis la pente s'adoucie. On accède aux vestiges discrets d'une ancienne vigie en 15/20 minutes de marche. Il est nécessaire d'être attentif car ces vestiges sont très peu visibles mais l'indication "LA VIGIE 492 m." est peinte sur un rocher plat affleurant coté gauche du chemin. De là, il est possible de faire un aller/retour jusqu'au sommet St Cyr à 610 m. d'altitude, mais j'ai préféré garder cette option pour une autre randonnée dans le secteur. Á la Vigie, quitter le sentier de crête, et suivre, direction NORD OUEST, les traces rouge-brun anciennes, et pas toujours bien visibles, qui marquent un petit sentier mal défini au départ. Avertissement (2019) : Á ce jour, cette partie de la randonnée est devenue difficilement praticable en raison du développement de la végétation qui obstrue le sentier. Suivre cette sente en crête, ici la vue est dégagée sur l'ensemble de la ville de Marseille. Le chemin de crête descend doucement au fil des pas puis, après le passage auprès d'un nouveau pylône HT, la descente devient plus raide, le cheminement serpente entre les argelas qui griffent les jambes non protégées.  Rejoindre un col. En logeant la clôture d'une habitation, et toujours par le même sentier dont le balisage a pu s'estomper avec le temps, contourner, par l'OUEST, la barre calcaire qui nous fait face pour atteindre un nouveau col. 5- Ici, sur la colline Saint-Clair, subsistent, coté NORD, les surprenant vestiges du vieux Castrum Massiliensis, un témoin du passé oublié des mémoires (Voir le rapide historique proposé en fin de cette page web) avec sa tour circulaire qui domine le col. Il est possible d'accéder à ces vestiges mais il faut être très prudent et ne pas monter sur les murs qui malheureusement s'écroulent petit à petit. 6- Pour finir la randonnée, redescendre vers l'EST jusqu'au boulevard de la Forbine (présence d'une citerne sur un petit parking), retrouver le balisage rouge/jaune du GR2013. Pénétrer dans le parc de la Forbine et, par la piste qui traverse le parc d'OUEST en EST et en suivant les traces du GR, repasser au niveau du repère 1 avant de regagner le parking du point de départ (compter environ 25/30 min. depuis le Castrum). La randonnée s'achève ici, compter environ 2h45 à 3h00 de marche pour effectuer la boucle, timing auquel il faudra ajouter les temps de pause et de la découverte du Castrum. Bonne balade ... Loulou    Petit aperçu historique du Castrum Massiliensis A l'origine, ce sont les romains qui, au 1er siècle avant notre ère installent, sur la colline Saint-Clair, située au pied du massif St Cyr, un poste d'observation, le "Castrum Romana". L'objectif est de surveiller la vallée de l'Huveaune par laquelle pourraient arriver d'éventuelles troupes ennemies. Effectivement, nous sommes en l'an -49 av. JC, Massalia a pris partie pour Pompée dans la guerre qui l'oppose à César; en représailles, l'empereur romain assiège Marseille. La flotte marseillaise est décimée, la ville est conquise. Elle perd alors ses colonies, ses fortifications sont détruites, elle perd son indépendance mais reste une ville libre sous contrôle romain pendant prés de quatre siècles et demi. On peut supposer qu'un poste militaire romain est maintenu durant toute cette période sur la colline Saint-Clair. Au Vème siècle, Saint-Marcel est sous l'autorité de la Major (autorité ecclésiastique). Une place forte, le Castrum Massiliensis, est érigée en lieu et place de l'ancien poste romain. Il est flanqué de deux tours, d'un donjon, d'un mur d'enceinte et doté d'une chapelle vouée à St Michel, dont un autel, daté du Vème siècle de notre ère, a été retrouvé.  Le Castrum Massilienis Au VIIIème siècle, les sarrasins sont stoppés à Poitiers par charles Martel en 732. Ils sont progressivement repoussés vers la Provence et dés 735 la région est livrée à la barbarie mauresque. Marseille subit l'invasion et le Castrum de Saint-Marcel est pillé et détruit par les sarrasins qui se déplacent vers l'EST. Jusqu'au XIème siècle, le terroir marseillais, la vallée de l'Huveaune vont subir les razzias sarrasines, venues de terre ou par mer; pour en témoigner, il est rapporté qu'en 925, le pont romain de saint Marcel est détruit par les sarrasins. Le Castrum est reconstruit au XIème siècle par Pons II évèque de Marseille. Au cours des siècles suivants, les terres de Saint-Marcel, et son château féodal, font l'objet de moultes transactions et querelles entre Comte de Provence, Vicomte de Marseille, les échevins de Marseille, le Prince des Baux, l'Abbaye de St Victor, l'Évéché de Marseille, etc... Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, Saint-Marcel est une seigneurie indépendante de la ville de Marseille et que la Provence n'est pas une province du royaume de France. Pendant cette période, le vieux village de Saint-Marcel se développe au pied du château. Au XIIème siècle, la chapelle de Notre Dame de Nazareth est construite en dehors du Château de St Marcel pour accueillir les villageois devenus trop nombreux pour la petite chapelle du château. N.D. de Nazareth abrite aujourd'hui l'ancien autel du Vème siècle précédemment évoqué. Au XIVème siècle, vers 1357, l'activité défensive du château de Saint-Marcel est évoquée lors des pillages de la Provence commis par les bandes de mercenaires, commandées par Arnaud de Servoles. Ces compagnies de brigands, privées de guerre et donc de rétribution suite à la capture du roi Jean, lors de la bataille de Poitier, s'adonnent aux pillages de la Provence. En 1481, à la mort du dernier comte de Provence, Charles III, la Provence est rattachée au royaume de France, l'instigateur de se rapprochement se nomme Palmède de Forbin. Plus tard, au cours du XVIème siècle, le château de Saint-Marcel est de nouveau mis à contribution dans son rôle de place forte. En 1566, après son mariage avec Désirée de Lenche en 1565, Jean-Baptiste de Forbin, descendant d'un frère de Palmède de Forbin, s'installe à Saint-Marcel au château de la Forbine, situé au pied du vieux château de St Marcel en ruine. Peut-être a-t-il, lui aussi, été détruit, en 1536, lorsque François 1er a ordonné sa politique de la terre brûlée au début de l'invasion de la Provence par Charles QUINT qui s'est retiré après l'échec de sa tentative de siège et de conquête de Marseille. Mais en 1593, en pleine guerre de réligion entre catholiques et protestants, les troupes du duc d'EPERNON assiègent Aix-en-Provence et tentent de prendre les petites places fortes présentes dans le terroir marseillais. A Saint-Marcel, cette agitation a conduit à remettre en état le vieux château fort. Sous le commandement du capitaine CARBONEL, la garnison qui a pris place dans le château de Saint-Marcel résiste aux assauts de la troupe d'hommes d'armes commandée par le capitaine BOYER qui avait reçu pour mission de prendre le fort de Saint-Marcel. Cet épisode est peut être le dernier fait d'arme de ce château qui a occupé une place importante dans l'Histoire du terroir marseillais. En 1647, Saint-Marcel, alors rattaché au territoire d'Aubagne, est cédé à la ville de Marseille par l'évèque Etienne de Puget. Dés lors, Saint-Marcel fera partie intégrante de Marseille. Après avoir laissé à l'abandon pendant des siècles ce lieu historique médiéval extrêment rare dans la cité phocéenne, y compris depuis 2012 malgré la création du Parc national, un article de presse dans la Provence du 12 mai 2024 redonne l'espoir de voir cet édifice sauvé de disparition, sécurisé et mis en valeur pour le présenter au public. |  |