Randonnées dans le Massif Saint-Cyr
 

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 La croix de St-Marcel et le Castrum Massiliensis au départ du Vallon de Chaumery (Quartier de Saint-Marcel - 13011)

Edition : mars 2012

   
Infos Pratiques
Carte IGN :  3145ET Marseille Les Calanques
Accès :
 :
Bus 15 au départ de la station de métro Dromel - arrêt "La Barasse-Chouquet"
Bus 40 au départ de Castellane - arrêt "La Barasse-Chouquet"
Puis remontez le chemin du vallon de Chaumery jusqu’au point de départ soit 450m de route.

En voiture, rejoindre le Vallon de Chaumery (13011), il se situe entre le quartier de St Marcel et celui de La Barasse, sur le Boulevard de La Barasse au niveau du Lycée Camille Jullian. Vous pourrez vous garer sur le petit parking du point de départ (à gauche après être passé au dessus du canal de Marseille) à proximité de l'entrée Est du Parc de la Forbine.
 
[Coordonnées point de départ : 05° 28' 37" E - 43° 16' 57" N]
Balisages : 
PR, tracé jaune, tracé bleu et marques brunes
Dénivelé :
environ 500 m.
Distance :
environ 7 km
Temps de marche :
Comptez entre 2h45 à 3h00 de marche en tout (bien sûr tout dépend de votre rythme).
Variantes :
 

  De nombreuses variantes sont possibles en observant la carte IGN, notamment la possibilité de monter jusqu'au sommet St-Cyr ce qui représente environ 125 m. de dénivelé positif supplémentaire et environ 30 minutes de marche pour monter au sommet et environ 20 minutes pour revenir à la vigie.

Points culminants:
La croix de St-Marcel à 302 m. 
La Vigie (vestiges) à 492 m. (point le plus haut de cette randonnée).
 Randonnée, ou partie de rando, facile envisageable avec des enfants.        Randonnée moyenne - dénivelé maxi 500 m et/ou distance maxi 10 Km        Jolie randonnée, vaut le coup d`oeil - quelques curiosités à découvrir.
Cotation POT (Pénibilité-Orientation-Technicité)
P2 / O2 / T0
Commentaires :
 
 
Avertissement : cet itinéraire pénètre très légèrement dans la zone dite "ZONE DANGEREUSE" définie par la Servitude de sécurité Ar6/50/2122 du 13/01/2005 liée à la présence du champ de tir du camp militaire de Carpiagne. Malheureusement sur place l'absence de signalisation ne permet pas de définir les limites de cette "zone dangereuse" !!! Plus d'info ici
 
Parcours de pénibilité moyenne compte tenu des 500 m. de dénivelé qui sont réalisés sur une demi-journée. Randonnée en boucle dans un paysage de garrigue tout à fait envisageable en sortie familiale, à condition que les enfants pratiquent la rando.
La découverte de la flore, le panorama sur La vallée de l'Huveaune et les vestiges du castrum Massiliensis (place forte médiévale de Saint-Marcel) sont autant d'éléments qui présentent de l'attrait à cette petite randonnée.
Éviter les fortes chaleurs en raison de l'absence totale d'arbre et d'ombre, orientation relativement aisée avec balisage bien fait sur une partie du parcours et un sentier bien visible avec balisage ancien parfois estompé pour le reste. Évolution principalement en crête, particulièrement exposée en cas de vent frais d'hiver.
 
Itinéraire :   Tracé : Cliquez ici pour visualiser le tracé de cette balade ..        Profil : 




Descriptif


Depuis le parking, pénétrer dans le parc de la Forbine, une signalisation typique nous indique que nous évoluons désormais dans l'enceinte du parc national des calanques.

C
e parc est sur le domaine du conseil général et voisin du chateau de la Forbine (demeure de la célèbre famille Forbin), il a été intégré dans le parc national dés sa création en 2012.

Suivre le balisage jaune/rouge du GR2013 et le bleu, sur une large piste, en direction de l'OUEST (vers Marseille). 




Après 10 minutes de marche, à la hauteur du pylône HT (Haute Tension) situé coté droit de la piste, monter sur le talus à gauche de la piste et emprunter une petite sente qui s'enfonce dans la végétation.
Ici il n'y a pas de balisage, c'est un itinéraire bis pour éviter de marcher sur les chemins que je trouve bien trop larges et peu agréables.
Suivre ce petit sentier qui grimpe au milieu d'une végétation de garrigue jusqu'à un autre pylône HT, le passer et, en se dirigeant vers le Sud Ouest, regagner le sentier balisé en bleu.
(compter 15 minutes depuis le 1er pylône HT).

 

Prendre la direction du roc de la croix qui nous domine. Le sentier grimpe, se rétrécit, opère quelques virages avant que l'on n'accède à la crête (compter 10/15 minutes depuis le second pylône HT).

Faire un aller/retour à la croix de Saint-Marcel, le Roc de la croix, anciennement appelé pic Sainte-Croix, procure une vue sympa vers l'EST, sur la vallée de l'Huveaune, la chaîne de l'étoile, le Garlaban et le Pic de Bertagne, point culminant des Bouches du Rhône avec ses 1042 m. d'altitude.

Poursuivre la randonnée, toujours sur le balisage bleu, le parcours redescend sur un sentier en lacet passe un mur d'enceinte puis remonte, contourne, remonte de nouveau pour enfin atteindre le col Galvaudan (environ 25 minutes de marche depuis la croix).

Depuis le col, suivre la piste
direction SUD EST sur 50 mètres puis obliquer à droite sur une sentier marqué d'un cairn en bordure de piste. Ce sentier se sépare rapidement en deux directions : vers le SUD EST c'est pour rejoindre la source des eaux vives, aujourd'hui il faut prendre à droite vers l'OUEST pour gagner la ligne de crête orientée SUD OUEST qui nous mène à "la Vigie".

Cette ascension est un peu raide au départ, puis la pente s'adoucie. On accède au vestige d'une ancienne vigie en 15/20 minutes de marche. Il est nécessaire d'être attentif car les vestiges sont très peu visibles mais l'indication "LA VIGIE 492 m." est peinte sur un rocher plat affleurant coté gauche du chemin.

De là, si le
cœur vous en dit, vous pouvez faire un aller/retour jusqu'au sommet St Cyr à 610 m. d'altitude, mais autant garder cette possibilité pour une autre randonnée dans le secteur.

A la Vigie, quitter le sentier de crête, et suivre, direction NORD OUEST, les traces rouge-brun anciennes, et pas toujours bien visibles, qui marquent un petit sentier mal défini au départ.

Suivre cette sente en crête, ici la vue est dégagée sur l'ensemble de la ville de Marseille. Le chemin de crête descend doucement au fil des pas puis, après le passage auprès d'un nouveau pylône HT, la descente devient plus raide, le cheminement serpente entre les argelas qui grifferont les jambes non protégées.

 


 Rejoindre un col. En logeant la clôture d'une habitation, et toujours par le même sentier dont le balisage a pu s'estomper avec le temps, contourner, par l'OUEST, le rempart calcaire qui nous fait face pour atteindre un nouveau col.

Ici, sur la colline Saint-Clair,
subsistent, coté NORD, les surprenant  vestiges du vieux Castrum Massiliensis, un témoin du passé oublié des mémoires (Voir le rapide historique proposé en fin de cette page web) avec sa tour circulaire qui domine le col.

Il est possible d'accéder à ces vestiges mais il faudra être très prudent et ne pas monter sur les murs qui malheureusement s'écroulent petit à petit.
 

Pour finir la randonnée, redescendre vers l'EST jusqu'au boulevard de la Forbine, retrouver le balisage rouge/jaune du GR2013.

Pénétrer dans le parc de la Forbine et, par la piste qui traverse le parc D'OUEST en EST et en suivant les traces du GR, rallier le parking du point de départ (compter environ 25/30 min. depuis le Castrum).

La randonnée s'achève ici, compter environ 2h45 à 3h00 de marche pour effectuer la boucle, timing auquel il faudra ajouter les temps de pause et de la découverte du Castrum. 


Bonne balade ...

 

Loulou


 

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Petit aperçu historique du Castrum Massiliensis

A l'origine, ce sont les romains qui, au 1er siècle avant notre ère installent, sur la colline Saint-Clair, située au pied du massif St Cyr, un poste d'observation, le "Castrum Romana". L'objectif est de surveiller la vallée de l'Huveaune par laquelle pourraient arriver d'éventuelles troupes ennemies. Effectivement, nous sommes en l'an -49 av. JC, Massalia a pris partie pour Pompée dans la guerre qui l'oppose à César; en représailles, l'empereur romain assiège Marseille. La flotte marseillaise est décimée, la ville est conquise. Elle perd alors ses colonies, ses fortifications sont détruites, elle perd son indépendance mais reste une ville libre sous contrôle romain pendant prés de quatre siècles et demi.
On peut supposer qu'un poste militaire romain est maintenu durant toute cette période sur la colline Saint-Clair.

Au Vème siècle,
Saint-Marcel est sous l'autorité de la Major (autorité ecclésiastique). Une place forte, le Castrum Massiliensis, est érigée en place du poste romain. Il est flanqué de deux tours, d'un donjon, d'un mur d'enceinte et doté d'une chapelle vouée à St Michel, dont un autel, daté du Vème siècle de notre ère, a été retrouvé.

 

Le Castrum Massilienis

Au VIIIème siècle, les sarrasins sont stoppés à Poitiers par charles Martel en 732. Ils sont progressivement repoussés vers la Provence et dés 735 la région est livrée à la barbarie mauresque. Marseille subit l'invasion et le Castrum de Saint Marcel est pillé et détruit alors que par les sarrasins se déplacent plus à l'EST.
Jusqu'au XIème siècle, le terroir marseillais, la vallée de l'Huveaune vont subir les razzias sarrasines, venues de terre ou par mer, pour en témoigner, il est rapporté qu'en 925, le pont romain de saint Marcel est détruit par les sarrasins.

Le Castrum est reconstruit au XIème siècle par Pons II évèque de Marseille.
Au cours des siècles suivants, les terres de Saint-Marcel, et son château féodal, font l'objet de moultes transactions et querelles entre Comte de Provence, Vicomte de Marseille, les échevins de Marseille, le Prince des Baux, l'Abbaye de St Victor, l'Évéché de Marseille, etc... 
Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, Saint-Marcel est une seigneurie indépendante de la ville de Marseille et que la Provence n'est pas une province du royaume de France. 
Pendant cette période, le vieux village de Saint-Marcel se développe au pied du château


Au XIIème siècle, la chapelle de Notre Dame de Nazareth est construite en dehors du Château de St Marcel pour accueillir les villageois devenus trop nombreux pour la petite chapelle du château. N.D. de Nazareth abrite aujourd'hui l'ancien autel du Vème siècle précédemment évoqué. 

Au XIVème siècle, vers 1357, l'activité défensive du château de Saint-Marcel est évoquée lors des pillages de la Provence commis par les bandes de mercenaires, 
commandées par Arnaud de Servoles. Ces compagnies de brigands, privées de guerre et donc de rétribution suite à la capture du roi Jean, lors de la bataille de Poitier, s'adonnent aux pillages de la Provence.

En 1481, à la mort du dernier comte de Provence, Charles III, la Provence est rattachée au royaume de France, l'instigateur de se rapprochement se nomme Palmède de Forbin.

Plus tard, au cours du XVIème siècle, le château de Saint-Marcel est de nouveau mis à contribution dans son rôle de place forte.
En 1566, après son mariage avec Désirée de Lenche en 1565, Jean-Baptiste de Forbin, descendant d'un frère de Palmède de Forbin, s'installe à Saint-Marcel au château de la forbine, le vieux château est alors en ruine. Peut-être a-t-il, lui aussi, été détruit, en 1536, lorsque François 1er a ordonné sa politique de la terre brûlée au début de l'invasion de la Provence par Charles QUINT qui s'est retiré après l'échec de sa tentative de siège et de conquête de Marseille.
Mais en 1593, en pleine guerre de réligion entre catholiques et protestants, les troupes du duc d'EPERNON assiègent Aix en Provence et tentent de prendre les petites places fortes présentes dans le terroir marseillais. A Saint-Marcel, cette agitation a conduit à remettre en état le vieux château fort. Sous le commandement du capitaine CARBONEL, la garnison qui a pris place dans le château de Saint-Marcel résiste aux assauts de la troupe d'hommes d'armes commandée par le capitaine BOYER qui avait reçu pour mission de prendre le fort de Saint-Marcel.

Cet épisode est peut être le dernier fait d'arme de ce château qui a occupé une place importante dans l'Histoire du terroir marseillais.
En 1647, Saint-Marcel, alors rattaché au territoire d'Aubagne est cédé à la ville de Marseille par l'évèque Etienne de Puget. Dés lors, Saint-Marcel fera partie intégrante de Marseille.  

Malheureusement, au XXIème siècle, malgré la création d'un parc national disposant des compétences nécessaires pour sauvegarder le patrimoine historique, aucun signe ne montre la volonté de protéger des ravages du temps ce témoin médiéval unique de notre Histoire locale dont les ruines s'effacent lentement mais sûrement.


 

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